Enquête publique déchets du BTP – Boues

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Le littoral morbihannais compte un port important, Lorient, 23 ports de plaisance côtiers et
des zones de mouillage.
Les estimations d’extraction à l’horizon 2015 atteignent 1 555 000m3 dont 365 000 m3
seraient traitées à terre.
La Directive Cadre sur le bon état de l’Eau en 2015 ne sera pas respectée alors que toute
une activité économique liée à de bons résultats en dépend (ostréiculture, pêches,
tourisme).
COMMUNICATION/INFORMATION/SUIVI
Il existe une grande défiance des habitants et des associations de protection de la nature
concernant le fonctionnement des décideurs liée à l’absence d’information érigée comme
principe.
Le pôle recherche du CG56 partenaire des laboratoires de l’UBS développe des axes de
progrès dans la lutte contre la pollution des eaux qui n’ont pas d’applications in situ à ce
jour. Ces axes de recherche révèlent les préoccupations des élus comme en témoigne le
dossier de L’ODEM mais sont inconnus du public et des associations impliquées dans le
comité de suivi du schéma départemental des dragages du Morbihan Est, celui-ci n’ayant
pas été réuni depuis 2011 malgré une demande adressée au Préfet par l’association
Sémaphore.
Un autre exemple illustre cette opacité voulue : la ville de Vannes pour des raisons
techniques et financières, décide de traiter à terre les vases de dragage du port et réalise
une plateforme de stockage à Tohannic.
A plusieurs reprises en octobre 2013, l’association Bretagne Vivante et la commune de
Séné, partenaire du projet de plateforme de stockage compte tenu de son emplacement
limitrophe, ont demandé la communication du contenu du registre de suivi des vases, en
vain.
La question du réemploi des vases était sous-jacente à cette demande.
La composition du comité de suivi de ce site renforce la méfiance des Associations de
Protection de la Nature et de l’Environnement (APNE) puisqu’il ne comprend que les élus,
les techniciens de la ville et l’exploitant.
QUALITÉ DES SÉDIMENTS
La question de la méthode d’analyse des sédiments est aussi à l’origine d’interrogations
nombreuses.
Doit-on se satisfaire de moyennes dans l’analyse des prélèvements alors qu’une véritable
transparence nécessiterait la communication des résultats point par point
Nous avons exprimé à plusieurs reprises notre désapprobation par rapport au fait de faire
la moyenne des prélèvements effectués, ce qui permet d’immerger des boues contaminées
par des métaux lourds.
Qui fixe les normes ?
N’y aurait-il pas une véritable avancée avec le choix d’un organisme indépendant ?
Nous demandons que les seuils N1 N2 à partir desquels est prise la décision d’immerger ou
de traiter à terre soient réellement établis par des organismes indépendants ouverts à tous
les collèges, et à la contre-expertise.
Le plan évoque le dragage des sédiments d’eau douce.
Quelles seront les normes retenues pour le choix du traitement ?
Qui les détermine ?
Les boues issues des eaux douces sont-elles si inoffensives qu’elles puissent être rejetées
dans le milieu naturel ?
LE CHOIX DU TRAITEMENT A TERRE DES BOUES DE DRAGAGE
Le plan départemental de prévention et de gestion des déchets du BTP fait référence au
schéma départemental de dragage des ports du Morbihan approuvé en 2010 :
« favoriser le relargage en mer des sédiments lorsqu’il n’y a pas d’impact sur le milieu
naturel » (P17). Cette citation restrictive extraite du schéma départemental en limite et en
détourne le projet.
Ce plan ne tient pas non plus en compte un courrier du Président du CG 56 à l’attention du
Préfet daté du 24 /02/2012 dans lequel le Président du Conseil Général écrit :
« Nous avons décidé d’engager la mise en oeuvre de nouveaux sondages des sédiments
concernés et l’expertise de solutions alternatives au moins partiellement au clapage en mer.
Il nous apparait dès à présent que les solutions susceptibles alors retenues devront exclure
tout clapage dans la baie de Quiberon ».
Nous nous interrogeons sur les critères non explicités qui ont abouti aux chiffres de
1 555 000M3 de boues extraites d’ici 2015, dont 355 000 seraient traités à terre. D’ailleurs
l’ODEM indique aussi : « ces données sont à manipuler avec précaution, car les quantités …
sont dépendantes des conditions locales, politiques, environnementales… »
P16 du dossier ODEM : « La position départementale est mise en cause depuis début 2012
notamment à cause des fortes pressions exercées par les associations et professionnels de
la mer sur les opérations d’immersion »… « On assiste à une révision des pratiques …avec la
réalisation de dragage chirurgical consistant à draguer le strict nécessaire après un
diagnostic détaillé »
P14 du plan BTP, il est totalement inexact de dire que « lors du dernier comité de suivi du
15/12/11, « l’immersion dans le Mor Braz était la seule solution retenue »
Puisque suite au schéma départemental des solutions alternatives étaient
systématiquement étudiées.
Nous nous interrogeons encore sur la supériorité des choix économiques qui prévalent sur
les choix écologiques. Dans ces choix d’immerger des boues de dragage contenant des
métaux lourds, quel pari fait-on sur l’avenir, sur l’équilibre de la biodiversité mise à mal par
des polluants (aux normes) dont personne ne connait les effets sur le milieu ?
Quel est le coût pour la société ?
LE STOCKAGE
Le stockage des sédiments traités à terre interroge sur leur toxicité et leur destination
(réemploi ou enfouissement), sur la fréquence de la rotation dans les casiers et les
solutions envisagées. Le cas vannetais est très significatif d’une absence totale
d’information sur ce sujet. La question du suivi et de l’information des partenaires est
posée.
N’y a-t-il pas en filigrane un véritable enjeu pour les terres agricoles ?
Tout reste à faire concernant les solutions de traitement à terre et de valorisation. Le choix
de l’immersion généralisée et non questionnée a interdit pendant des années toute
recherche sur la gestion des sédiments portuaires.
LES SOLUTIONS ALTERNATIVES A L’IMMERSION EN MER
L’ODEM reconnait que « sur le Morbihan aucun engagement n’est vraiment pris dans la
recherche de solutions alternatives permettant d’éviter l’immersion de boues portuaires et
de leurs métaux lourds. »
Il sera intéressant de suivre les avancées du groupe de travail élargi promis par le projet de
plan et regroupant des membres des commissions consultatives (PDND et PDBTP), des
comités Est et Ouest et du comité des maîtres d’ouvrage.
Dans le document de synthèse de l’ODEM des pistes de réflexions concernant l’émergence
de solutions innovantes sont retenues par la DREAL, IDRA Environnement, le CR de
Bretagne, la DDTM …
A l’instar de la Région Nord Pas de Calais qui s’engage sur ce chemin avec l’Ecole des Mines
de Douai et Sédimatériaux , nous soutenons les initiatives favorisant l’émergence de
solutions alternatives innovantes permettant la valorisation des boues de dragage.
D’autres solutions alternatives ont aussi été expérimentées et méritent d’être retenues :
l’épandage de bactéries à Juan Les Pins, les géotubes…
Les associations émettent un avis réservé au projet du PDBTP à la fois pour rappeler
leur préoccupation concernant les eaux littorales (suivi des sites d’immersion) mais
aussi pour s’inquiéter de l’absence d’information, de concertation et de contre-expertise
avec l’ensemble des partenaires sur les projets à venir, et sur les solutions
alternatives à terre préconisées. Nous suggérons également de réunir dans les
meilleurs délais possibles le « Comité de suivi du schéma départemental ».
Les associations signataires : Bretagne Vivante, UMIVEM, Eau & Rivières de Bretagne,
La Fédération des associations de protection de l’environnement de la Presqu’île de
Quiberon, An Aod Braz, Mes et Vilaine, Sémaphore.

 

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